La stratégie anti-corruption adoptée par le gouvernement

06-01-2011

La coalition gouvernementale a adopté, mercredi, sa stratégie de lutte contre la corruption : un ensemble de 58 lois et mesures qui seront appliquées en plusieurs étapes d’ici à fin 2012 afin de réduire un fléau omniprésent dans la sphère publique en République tchèque.

Miroslav Kalousek, Petr Nečas, Radek John, photo: CTKMiroslav Kalousek, Petr Nečas, Radek John, photo: CTK La coalition tripartite de centre-droit formée suite aux élections législatives de mai dernier a fait de la lutte contre la corruption une des priorités de son programme. Présenté dans ses grandes lignes par le ministère de l’Intérieur en septembre dernier, le projet de stratégie a finalement fait l’objet d’un consensus difficile à trouver au sein du gouvernement.

Radek John, photo: CTKRadek John, photo: CTK Parmi les principales mesures de cette stratégie figurent par exemple le retour aux écoutes téléphoniques ou l’introduction de tests de fiabilité devant servir à mettre à l’épreuve la capacité de résistance des employés de l’administration publique aux tentatives de corruption. Selon le ministre de l’Intérieur, Radek John, la police devrait également pouvoir utiliser plus souvent les faux transferts de biens, méthode permettant de suivre ceux qui réclament des dessous-de-table, de leur remettre par une tierce personne la somme exigée avant de les arrêter une fois la transaction illicite achevée.

Avant son adoption, la stratégie a fait l’objet de nombreuses critiques, qui mettent l’accent sur son côté répressif plus que préventif. Pour manifester son approbation, l’ONG Transparency International avait ainsi retiré ses conseillers du groupe de travail constitué au ministère de l’Intérieur.

Depuis mercredi, cependant, cette stratégie a le mérite d’exister, ce dont s’est félicité le Premier ministre, Petr Nečas :

Petr Nečas, photo: CTKPetr Nečas, photo: CTK « Je suis satisfait que nous soyons parvenus à trouver un terrain d’entente entre les trois partis. Il reste désormais au groupe de travail à se pencher sur les cinq points qui n’ont pas encore fait l’objet d’un consensus. Il s’agit de préciser les formulations sur ces points précis de façon à ce que le gouvernement puisse prendre position d’ici à deux semaines. Mais les représentants des trois partis de la coalition sont persuadés que nous serons alors en mesure de nous prononcer favorablement également sur ces cinq points précis. »

Parmi les cinq points sensibles en question figure notamment le durcissement des règles pour l’adjudication des marchés publics, un domaine avec celui des appels d’offres particulièrement sensible en République tchèque.

06-01-2011