Etre dans l'Union européenne, oui, mais avec quels droits ?

25-11-2004

Du 24 novembre au 4 décembre, le coeur de nombreuses villes de République tchèque va se parer des couleurs de l'Union européenne. Après les Polonais et les Hongrois, c'est au tour des Tchèques de tester leurs connaissances et d'en apprendre plus sur leurs droits en tant que citoyens européens.

Citoyenneté, immigration, asile, égalité entre hommes et femmes, collaboration juridique, policière et douanière, corruption, lutte contre le terrorisme sont autant de thèmes abordés dans ce « roadshow », autrement dit cette exposition itinérante, organisée par la Commission européenne, qui proposera notamment un quiz, soit sept questions telles que : qu'est-ce-que le traité de Nice ou combien la République tchèque a-t-elle de députés au Parlement de Strasbourg ?

Klara Urbanova, coordinatrice principale, nous décrit cette exposition en quelques mots:

« Ce roadshow va se dérouler dans 30 villes en République tchèque, sur les places principales. Dans chacune de ces villes, on va monter une tente, dans laquelle on va faire un jeu interactif, avec l'objectif d'attirer les passants, de parler avec les citoyens tchèques dans la rue et de les informer des droits qu'ils ont en tant que citoyens de l'Union européenne. »

Qui sait en effet que tout citoyen européen peut faire parvenir une pétition au Parlement et s'adresser à un médiateur pour faire valoir ses droits, ou que tout citoyen européen se trouvant dans un pays hors-Union peut demander aide et assistance à n'importe quel consulat d'un autre pays membre, si son propre pays n'y a pas de représentation diplomatique ?

J'ai aussi demandé à Nicolas Genevais, de la Direction générale pour la justice et les affaires intérieures, un des organes de la Commission européenne, ce qui avait engendré ce projet et les objectifs de celui-ci :

 « Nous nous sommes rendus compte que le besoin des citoyens pour plus d'information sur l'Union européenne et des sujets en particuliers tels que les droits des citoyens était criant, tant dans les anciens pays que dans les nouveaux, d'ailleurs. Mais, comme les nouveaux pays viennent d'entrer dans l'Union européenne, nous avons décidé de nous focaliser sur ces pays-là, et c'est pour cela qu'en ce moment nous sommes en République tchèque. Le but est de découvrir exactement ce que les citoyens savent ou ne savent pas sur l'Union européenne et, à partir de là, nous pourrons mieux élaborer nos futures campagnes d'information sur l'Union européenne. »

C'est l'éternelle histoire de la poule et de l'oeuf... On dit souvent que les Tchèques seraient eurosceptiques, est-ce un sentiment intrinsèque ou conjoncturel ? Et à qui en revient la faute ? Est-ce dû à un manque de lisibilité des institutions européennes ou aux discours alarmistes d'hommes politiques populistes ? Cette exposition permettra au moins d'évaluer ce sentiment, d'autant qu'elle ne se limite pas à la capitale des pays visités.

Nicolas Genevais, sur la base des expériences précédentes, est optimiste :

 « En vérité, je ne crois pas à l'euroscepticisme. On dit ça aussi de la Pologne. En fait, en Pologne nous sommes allés dans 40 villes, et nous avons été accueillis avec beaucoup d'enthousiasme dans toutes ces villes, donc nous espérons que ce sera la même chose en République tchèque. Je crois qu'il faut faire la différence entre ce qu'on lit dans certains média, ce qu'on entend de certaines personnalités politiques et puis ce que pense le citoyen, l'homme de la rue. Et souvent, il est beaucoup plus europhile que l'on croit. »

25-11-2004