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Par Jaroslava Gissübelova
La région de Blansko
Soyez les bienvenus à l'écoute d'une nouvelle page touristique qui
vous amènera aujourd'hui en Moravie du sud, dans la région de Blansko,
non loin de la métropole morave, Brno. Cette région est tout
particulièrement attrayante pour les touristes, vu le grand nombre de
monuments, de beautés naturelles et d'endroits intéressants qui s'y
trouvent. Quelques mots d'abord, en général, sur ce que cette région
peut offrir et en quoi consiste sa spécificité.
Par sa superficie de 942 km carrés et 108 000 habitants, Blansko
compte parmi les régions moyennes de notre pays. Or, par ses 330
complexes de monuments culturels et 5 parcs naturels, elle compte
certainement parmi les plus importantes. La région a le privilège de
posséder le plus grand système de grottes, le Karst morave, qui
présente un grand intérêt pour les touristes et les visiteurs
étrangers. La région est douée aussi par une riche histoire et un
grand nombre de monuments précieux, tels que le château Empire de
Boskovice avec une orangerie conservée en état originel, le château
baroque de Lysice où on peut trouver une colonade garnie d'un toit, ou
encore la très précieuse église baroque de Krtiny, avec les fresques
monumentales de Santini-Aichel. Une autre particularité de la région -
les anciens ghettos juifs qui se soient conservés dans plusieurs
villes, avec leurs synagogues et leurs cimetières. Voilà quelques
données fondamentales sur la région et maintenant, arrêtons-nous dans
la ville de Boskovice et ses environs.
La ville de Boskovice est dominée par la silhouette imposante d'un
château fort qui remonte à la seconde moitié du 13ème siècle. Il a été
le siège de l'une des familles les plus influentes de Moravie, les
seigneurs de Boskovice. En 1547, ceux-ci l'ont vendu et le château a
changé une fois de propriétaires, en passant aux mains de Frantisek
Walter de Ditrichstejn, un des descendants d'une puissante famille
d'origine carinthienne. Comme le château fort ne répondait plus aux
exigences des Ditrichstejn, ceux-ci ont fait bâtir, au pied de la
colline surplombée du siège primitif un immeuble baroque à un étage et
à cour bordée d'arcades. L'ancien château fort délaissé a été même
intentionnellement démoli en sorte que dès le 19ème siècle, plus rien
que les ruines n'en sont restées. Les Ditrichstejn n'ont habité leur
nouvelle résidence que jusqu'au début du 19ème siècle. En 1819 a
commencé l'édification d'un nouveau château Empire sur l'emplacement
d'un ancien couvent dominicain. Après 1784, le couvent a été supprimé.
Plus tard, une usine de fabrication du bleu de Prusse, la deuxième en
Europe, y a été fondée. Aujourd'hui, seuls deux grands récipients en
cuivre bornant l'entrée du château la rappellent.
Pour ce qui est de l'architecture du château, il est intéressant de
souligner que le style Empire, qui est un style de Napoléon, a été de
toute actualité en Europe dans les années 1800-1815. La construction
du château de Boskovice, qui a commencé en 1819, est donc un reflet de
la vague de l'Empire et elle est même considérée comme étant la plus
belle construction Empire dans notre pays, même si son état actuel n'y
correspond pas. A part son aspect extérieur, c'est surtout la
splendide salle à colonnes toscanes à trois nefs, et un escalier à
trois volées conduisant aux pièces d'apparat du premier étage qui
frappent l'attention du visiteur. L'édifice tout entier a été achevé
en 1829 et à la même époque on a construit au sud-ouest du château une
serre agrémentée d'arcades appelée plus tard orangerie.
C'est au premier étage que commence la visite des locaux aménagés sous
les propriétaires suivants, la famille Mensdorf-Pouilly. Elle permet
au visiteur de se faire une idée de la vie culturelle et mondaine de
la noblesse du début du 19ème siècle. Au 2ème étage du château sont
exposées les collections du musée de Boskovice. Les intérieurs sont
garnis de mobiliers d'époque, complétés de meubles pour la plupart
Empire, provenant d'autres châteaux, le tout orné d'objets en
porcelaine et en grès cérame, ainsi que de tableaux exécutés dans le
même style. La plus remarquable pièce d'apparat du château est sans
conteste la salle de danse et de musique qui s'élève à la hauteur de
deux étages et qui est richement ornée de peintures en trompe-l'oeil.
Toutes les chambres du château sont aménagées dans le style en vogue
dans la première moitié du 19ème siècle: l'unique exception est la
pièce garnie d'ameublements rococo provenant de l'ancienne résidence
et qui renferme, en dehors du mobilier d'époque, une multitude de
pièces orientales vernies et de porcelaine de Chine et du Japon, très
à la mode en ces temps-là.
Parmi les curiosités les plus intéressantes du point de vue historique
et artistique, il convient de mentionner le globe céleste dans la
bibliothèque qui a été créé au 17ème siècle par le professeur Weigl
d'Iéna et sur lequel les différentes constellations sont représentées
par des signes héraldiques. Des scènes de bataille peintes sur cuir
ont donné le nom à un autre intérieur intéressant du château, la salle
des Batailles. Ces peintures sont une sorte de tentures qui devaient
probablement remplacer, en Europe centrale, les tapisseries
françaises. Lors des derniers travaux de restauration, la salle a reçu
l'aspect primitif de la seconde moitié du 19ème siècle, tel qu'il
s'était conservé sur une image de l'époque. On ne peut pas ne pas
remarquer aussi les très beaux coffres à bijoux incrustés de métaux et
remontant à la fin du 18ème siècle.
Une autre localité de la ville de Boskovice sur laquelle les guides
attirent l'attention du visiteur - l'ancien ghetto juif. C'est un coin
très particulier abritant une série de monuments authentiques. On y
entre par une porte en face de l'ancienne résidence. Un trait qui est
typique pour toutes les communautés juives en Europe, non seulement
pour celle de Boskovice, c'est la disposition architectonique des
maisons, sur des plans très étroits et compliqués. Depuis 1726, en
effet, les Juifs étaient concentrés dans des ghettos dont les
territoires étaient strictement délimités et il a fallu en tenir
compte lors des travaux de bâtiment. Toutes les maisons du ghetto sont
étroites et allongées. Faute de place, on n'y trouve presque pas
d'arbres ou d'espaces verts. Le nombre d'habitants des ghettos était
réglementé par une loi familiale en vigueur depuis 1729 jusqu'au 1848.
Selon cette loi, seul le fils aîné pouvait se marier. Cette mesure
aussi discriminatoire soit-elle a permis aux familles juives de
maintenir leur continuité. Pour se faire une idée de la situation des
habitants du ghetto de Boskovice, voici les données de l'an 1850: les
118 maisons ont été habitées par plus de 2000 personnes.
En 1832, un incendie a détruit beaucoup de maisons dans le ghetto de
Boskovice. La construction de certaines nouvelles maisons s'inspirait
du style Empire du château.
De nombreuses constructions se sont, heureusement, sauvegardées, dans
leur état originel. Parmi elles, les étaux, l'usine de fabrication de
la chaussure Popper, l'école primaire Cheder, la très précieuse maison
à la lanterne, à colonnes toscanes, les bains publics, ou la fontaine
surnommée de la mort, comme encore en 1926, son eau contaminée de la
fièvre typhoïde a tué 11 personnes. On y trouve aussi trois
synagogues, dont la plus précieuse est la synagogue Maiore du 17ème
siècle avec des peintures murales au plafond. On y trouve aussi une
maison où est né Isak Ibrahim Tycho, d'une famille célèbre de
Jérusalem. L'authenticité de l'endroit est accentuée par un restaurant
juif Makabi.
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