Le Parc national de la Sumava
Par Jaroslava Gissübelova
Le massif montagneux de la Sumava est l'une des localités les plus calmes et les plus pures en République tchèque. Elle attire les
touristes par ses beautés naturelles, sa flore et sa faune, ses lacs glaciaires, ses tourbières, ses sources d'eau, mais aussi par ses
monuments culturels, les châteaux, les musées. Ces derniers temps, beaucoup a été fait à l'intention des visiteurs de la Sumava.
En premier lieu, le système de transport écologique. Actuellement, cinq lignes d'autobus écologiques desservent les touristes qui
ne paient que la moitié du prix, le reste est subventionné par l'Etat. Ensuite, c'est le dense réseau de sentiers touristiques et de
cyclotourisme. Le Parc national de la Sumava est bénéficiaire de projets de coopération à travers les frontières, dans le cadre du
projet Phare CBS. Un exemple concret en est l'édification d'un euro-camp à Besiny. Après son achèvement, en 2001, le camp
offrira des possibilités de logement et de loisirs, y compris plus de 220 kilomètres de sentiers cyclotouristiques reliant la partie
tchèque et celle bavaroise de la Sumava.
La Sumava a été proclamée Parc national en 1991. Sa superficie de 69 030 hectares fait de lui le plus grand parc national non
seulement en République tchèque, mais aussi en Europe centrale. Le parc s'étend le long de la frontière tchéco-allemande et
tchéco-autrichienne, et dans son voisinage immédiat se trouve, du côté bavarois, le Parc national de la Forêt bavaroise. Les deux
parcs forment un ensemble unique en son genre en Europe proclamé par l'UNESCO, en 1990, réserve de biosphère et
surnommé "toit vert de l'Europe". Sa mission est de sauvegarder, améliorer et protéger les plus précieuses localités, leur nature
sauvage et vierge, les animaux et les plantes. Une autre mission non moins importante est de rendre accessible certaines parties
du parc, sans que le milieu naturel en soit menacé. A cette fin, le parc est divisé en trois zones:
La 1ère zone de protection strictement naturelle forme environ 13% de la surface globale et enveloppe les territoires les plus
précieux. L'intervention de l'homme y est réduite au minimum et l'entrée interdite en dehors des sentiers. C'est dans cette 1ère
zone que se trouve la plus ancienne forêt vierge tchèque, Boubin.
La 2ème zone est une zone contrôlée et elle couvre 82% de la superficie du Parc. Elle est utilisée à des fins du tourisme et des
loisirs, le mouvement des visiteurs n'y est pas limité, à condition du respect des principes de la protection de la nature.
La 3ème zone marginale est destinée à l'habitation permanente, aux services, à l'agriculture, bref, aux activités économiques en
général.
Le Parc s'étend à une altitude allant de 600 à 1378 mètres - c'est la hauteur de Plechy, la plus haute montagne de la partie
tchèque de la Sumava. Le climat y est dur, la température annuelle moyenne est de 3,5 à 6,5 degrés, et les pluies y sont très
abondantes.
La Sumava attire les visiteurs par ses forêts impénétrables, ses sources d'eau. La cible la plus fréquente des touristes sont les
cinq lacs glaciaires, dont les plus connus sont Cerne - le lac noir, et Certovo - le lac de diable. D'autres témoins des glaciers
d'autrefois - les tourbières dont quelques-unes sont aujourd'hui accessibles par des sentiers.
Une particularité naturelle et technique sont des canaux d'eau servant à transporter le bois. Le mois dernier, justement, a été mis
en service, après une longue réparation, le célèbre canal Schwarzenberg.
Toute une bande limitrophe de la Sumava était autrefois pratiquement coupée du monde, puisque c'était la zone militaire où
l'homme ne pouvait mettre le pied qu?avec une permission spéciale de la police. Jusqu'à nos jours, la densité de la population y
est l'une des plus basses à l'échelle du pays. Par ex., dans la région de Klatovy, c'est 76 habitants sur 1 km2.
La Sumava est le lieu où la plus grande rivière tchèque, la Vltava, prend ses sources. Sur son territoire jaillissent aussi plusieurs
sources d'eau minérale et curative. L'une des plus connues est Dobra voda, autrefois un lieu de pèlerinage, aujourd'hui le lieu de
rencontres des Tchèques et des Allemands, près du rocher Saint-Günter où devait se trouver, selon la légende, l'ermitage de
saint Günter. La petite statue en bois de ce saint a trouvée plus tard sa place à l'église de Dobra voda. Il est à noter que c'est
l'unique église dans le monde qui est consacrée à saint Günter. Günter, Vintir en tchèque, est le plus ancien habitant de la Sumava
dont on connaît le nom. Il était moine et il servait de médiateur lors des négociations de souverains tchèques et allemands.
Dobra Voda est aujourd'hui réputé aussi par son musée portant le nom Simon Adler. En 1992 est née l'idée de fonder à Dobra
Voda un musée rapprochant la culture et la religion de 110 minorités juives qui vivaient autrefois dans la région de la Sumava. Le
musée porte le nom de l'originaire de Dobra Voda, le rabbin Simon Adler, qui a trouvé la mort dans le camp de concentration
d'Auschwitz. Il est installé dans sa maison natale et la première partie de l'exposition rapproche les objets d'usage quotidien et
les objets rituels de la communauté juive, y compris les instruments de médecin et de boucher, deux professions les plus typiques
des Juifs à la charnière des 19ème et 20ème siècles. La salle suivante est consacrée à la mémoire de Simon Adler, historien,
professeur et rabbin à la Synagogue haute de Prague, et à son fils, Matias, né à Prague et fixé en Israël et qui a le principal mérite
de l'ouverture de ce musée.
Parmi les centres qui accueillent le plus de touristes venant surtout de l'Allemagne, mais aussi de la Hollande et de la Belgique, il y
a Srni et Kvilda, à l'origine des colonies de bûcherons. Non loin d'ici se trouve la tour panoramique de Polednik, qui est une grande
attraction touristique, accueillant pendant la saison estivale jusqu'à 700 personnes par jour.
La Sumava est riche aussi en châteaux: le plus célèbre est le château fort gothique de Kasperk, fondé par l'empereur Charles IV
en vue de protéger les sentiers par lesquels ont importait du sel de la Bavière et le long desquels il y avait des mines d'or.
Un château qui mérite d'être visité - Velhartice, fondé au 14ème siècle, dont une grande partie est aujourd'hui en ruines, mais
dont une aile a été restaurée et est accessible au public, avec, au pied, le village fondé par des orpailleurs.
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