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Karel Capek - romancier, auteur dramatique, essayiste, poète, critique, philosophe, journaliste et traducteur tchèque

Par Jaroslava Gissubelova et Vaclav Richter

Dans sa création, Capek a vite évolué vers une vision pragmatique de la réalité qui n'empêche pas le quotidien de côtoyer le fantastique. Le relativisme sceptique, la conviction sur la signification multiple de la vérité humaine, le sens de la recherche pragmatique des issues dans chaque cas individuel ont été développés dans ses proses poétiques.

Karel CapekLa conscience du danger d'abus de la science contre les valeurs fondamentales de l'existence humaine, la méfiance des conceptions philosophiques et politiques univoques ont trouvé leur expression dans les drames utopiques et fantastiques de Capek, dans ses pièces de théâtre allégoriques, ainsi que dans les romans de science-fiction. La plus connue parmi ces oeuvres est sans doute R.U.R., où les robots, mot créé par Capek d'après le radical du verbe slave signifiant travailler, se révoltent contre leurs créateurs.

Capek a excellé avec des impressions de voyages de par l'Europe. Il est auteur de courtes histoires policières d'une forme tout à fait originale. Pour les enfants, il a écrit des contes illustrés par son frère, Josef. Ses livres sur le chat et le chien et sur la vie du chiot n'ont rien perdu de leur popularité. Nous devons à Karel Capek aussi une Anthologie de la Poésie française.

Dans la deuxième moitié des années 30, Capek retourne à sa vue utopique et fantastique du monde. Ses oeuvres allégoriques de cette époque-là évoquent le danger monstrueux du fascisme qui met en péril la démocratie européenne. Elles sont écrites dans la même veine que R.U.R., mais la ligne entre l'utopie destructrice et la réalité devient beaucoup plus étroite.

Karel Capek avec son epouse Olga Les oeuvres de Karel Capek ont été traduites en plusieurs langues. Or, c'est la pièce R.U.R. qui lui a valu une réputation universelle. Peu de temps après sa première, en 1921, la pièce sur les robots a été présentée non seulement en Europe, mais aussi aux Etats-Unis, au Japon, en Australie et ailleurs. Déjà célèbre et reconnu à l'échelle européenne, Karel Capek a écrit: "Si nos livres étaient suffisamment tchèques, ils seraient aussi suffisamment mondiaux. Si nous nous laissons limiter, sur le plan géographique, humain et autre, par notre caractère tchèque, nous ne formerons jamais une littérature mondiale à part entière..." fin de citation.

Le nom de Karel Capek s'est inscrit à jamais également dans les archives sonores de notre radio, Radio Prague. Le jour de Noël 1937, où le danger du fascisme devient imminent en Europe, Capek prononce son avertissement et sa salutation aux gens de bonne volonté qui sont diffusés dans le monde entier sur les ondes courtes de Radio Prague.

Karel Capek aurait subi le sort de tant d'autres intellectuels tchèques dont aussi son frère, Josef, déportés dans des camps de concentration, si une pneumonie n'avait pas mis fin à ses jours, le 25 décembre 1938.

L'Année du Jardinier

"Il était dans la personne de Karel Capek quelques chose de merveilleusement intact, une part de l'âge puéril qui aime le jeu, líinvention et la découverte. On le sent même dans ses oeuvres majeures, mais c'était d'autant plus évident dans sa collaboration avec les journaux, car il ne cessait de montrer qu'on pouvait trouver dans chaque fait un caractère particulier et surprenant, un mystère caché, un rapport entre la vie et la mort. Il n'était pas reporter, mais il montrait à tous, comme malgré lui, comment il fallait aborder les choses de la vie: avec l'amour et l'attention."

C'est ainsi que l'écrivain et journaliste, Eduard Bass, a caractérisé son collègue de la rédaction du journal prestigieux Lidove noviny, Karel Capek. Tous ses traits de caractère et de talent de Karel Capek se manifestent également dans son livre intitulé L'Année du Jardinier. Je vous propose donc de feuilleter avec moi ce petit livre charmant et de s'attarder cette fois-ci, la saison oblige, sur les chapitres consacrés au jardin en hiver.

"Ce livre de Karel Capek a obtenu un succès considérable en Europe et Amérique, " écrit dans la préface le directeur de la collection Les livres de nature de la Librerie Stock, Jacques Delamain, et il poursuit: "Pourtant, le célèbre écrivain tchèque, l'auteur au talent si riche et si varié de L'affaire Makropoulos, des Lettres d'Angleterre, des Lettres d'Espagne, n'a rien fait pour allécher le public en choisissant son titre: L'année du Jardinier. Un Manuel d'Horticulture, serait-on tenté de croire au premier abord. Mais on n'a pas plutôt tourné quelques pages, jeté un coup d'oeil sur les dessins de Josef Capek, que ce titre d'une nudité presque technique se teinte de l'humour délicieux qui imprègne cette oeuvre. Les fleurs sont bien désignées ici avec la précision dont est seul capable le spécialiste enthousiaste et décrites par un poète, mais elle forment surtout un cadre aux rêves, aux déceptions, aux travaux qui assaillent tout le long de l'année le bienheureux et pitoyable possesseur d'un jardin."

Dans son livre, Capek décrit minutieusement les activités du jardinier pendant toute l'année. On se demande ce qu'un jardinier peut faire en hiver et on ne s'étonnerait pas si l'auteur passait les mois d'hiver sous silence. Mais Capek, écrivain réputé pour son talent de trouver l'inspiration pratiquement partout, sait tirer la matière littéraire aussi de cette saison qui condamne le jardinier à la passivité. Cette passivité agace le jardinier Capek, ne lui permet pas d'assouvir sa passion du jardinage, mais lui donne aussi des idées nouvelles.

"Et oui, maintenant tout est fini, soupire-t-il. Jusqu`à maintenant le jardinier a bêché, creusé, pioché, bouleversé, fumé, chaulé, répandu sur la terre de la tourbe, de la cendre et de la suie, taillé, semé, planté, repiqué, divisé, enterré des oignons et déterré des bulbes pour l'hiver, humecté, arrosé, fauché, sarclé, couvert les plantes de branchages ou courbé celles-ci vers le sol; il a fait tout cela de février à décembre, et ce n'est que maintenant, après que la neige a recouvert son jardin, qu'il prend conscience d'avoir oublié quelque chose. Car sachez le bien, il n'en a pas eu le temps."

Et Karel Capek de décrire avec beaucoup de détails la vie difficile du jardinier qui, à force de travailler et de soigner ses plantes et ses fleurs, n'arrive pas à se délecter de leur beauté. "Au moment de la floraison des asters, il se hâtait d'aller chercher un arrosoir pour les abreuver. Quand ses phlox fleurissaient, il arrachait le chiendent. Quand c'était les roses, il avait le souci de les tailler ou de détruire les moisissures. Au moment des chrysanthèmes, il se jetait sur eux, un piochon à la main, pour aérer la terre trop tassée. "

Tout cela est donc fini et le jardinier a finalement le temps de respirer et d'admirer son oeuvre. Mais l'image qui se présente à sa vue, risque de ne pas le satisfaire: "Cette chose noire, qui sort un peu de terre, écrit-il, c'est une viscaria incarnat, ce grumeau de feuilles brulées, c'est une astilbe, et ce petit manche à balai c'est un aster ericoÍdes, ceci ici, qui n'est rien du tout, c'est un trolle orangé, et là, ce tas de neige, c'est un dianthus; naturellement, un dianthus. Brr, quíil fait froid! On ne peut pas, même en hiver, jouir du spectacle de son jardin."

Obligé de quitter le jardin, objet de sa passion, le jardinier, c'est-à- dire, l'auteur de notre livre, se réfugie donc à l'intérieur de la maison, mais n'abandonne pas pour cela ses plantes. Il reste avec elles, au moins en pensée. Il se met à créer des jardins imaginaires, il se met à rêver. Et il faut dire que ses rêves ne sont pas très réálistes. Il aimerait réunir sur son petit lopin de terre toutes les plantes extraodinaires qu'il trouve dans les catalogues des firmes spécialisées et il oublie, une fois de plus, ses expériences de l'année écoulée. Il se trouve partagé donc entre deux sentiments contradictoires.

D'une part, il craint pour ses plantes et aimerait les protéger encore plus efficacement contre la gelée et la sécheresse. D'autre part, il s'aperçoit, je cite, "qu'en admettant qu'il périsse un minimum de plantes, il n'aura dans son jadrdin presque aucune de ces espèces 'toutes nouvelles', incomparables, qui 'sont les plus précieuses et qui ont une riche floraison', dont il vient de lire les noms dans soixante catalogues. "

Nous retrouvons le jardinier, pendant l'étape suivante de son hibernation, alongé sur son sofa. Il s'ennuit et cherche désespérément une activité qu'il pourrait substituer au jardinage. Et tout-à-coup, "il quitte d'un bond la position horizontale, inspiré par une pensée nouvelle. Les pots de fleurs! Mais c'est qu'on peut cultiver des fleurs dans les pots! En un clin d'oeil, il a la vision d'un fouillis de palmiers et de lataniers, de dracaenas et de tradeskanties, d'asperges, de fougères, de sensitives et de bégonias dans toute leur beauté tropicale. (...)

Le jardinier jette alors un rapide coup d'oeil autour de lui; il ne voit plus l'appartement qu'il habite, mais la forêt paradisiaque qu'il va créer et il court chez l'horticulteur du coin et revient avec une pleine brassée de trésors végétaux. " Cette fois-ci, la déception est encore plus cuisante. Le jardinier s'apperçoit que toutes ses plantes en pots ne ressemblent pas du tout à une forêt équatoriale, mais plutôt à une boutique de potier. Il doit se contenter donc de contempler les seules plantes qui lui restent - les fleurs de glaces sur les vitres. En les examinant de près, il s'étonne de constater que les fleurs de glace ne sont pas de véritables fleurs, mais surtout des feuilles qui ressemblent aux endives, au persil, aux feuilles de céléris.

"Quelquefois elles ressemblent aux fougères ou aux feuilles de palmier et d'autres fois aux piquants de gérévrier; mais elles n'ont pas de fleurs." Ainsi le temps passe et bientôt le jardin commencera à se réveiller sous la neige, bientôt, on apercevra les premiers crocus et perce-neige et le jardinier pourra sortir pour réáliser les plans grandioses conçus pendant l'hiver.

Cette attente permanante du jardinier, curieux de savoir quel sera son jardin à l'avenir, dissipe sa peur de vieilir. "Nous autres, jardiniers, écrit Karel Capek, vivons en quelque sorte en avance sur le présent: quand nos roses fleurissent, nous pensons qu'elles fleuriront encore mieux l'année suivante; et dans une dizaine d'années ce pin minuscule sera un arbre; si seulement j'étais plus vieux de dix ans! Je voudrais voir déjà à quoi ressembleront ces petits bouleaux dans cinquante ans. Le vrai, le mieux sont devant nous. Chaque année apporte davantage de croissance et de beauté. Dieu soit loué, nous auront bientôt un an de plus. "

La Guerre des Salamandres

En 1936, Karel Capek publie un livre qui, malgré son apparence utopique, reflète les désarrois du monde de son temps. Le livre s'appelle La Guerre des Salamandres.

"La critique a qualifié le roman d'utopie", a écrit l'auteur après la parution du livre. "Je refuse ce mot. Ce n'est pas l'utopie, mais l'actualité. Ce n'est pas une spéculation sur quelque chose qui pourrait se produire dans l'avenir, mais cela reflète ce qui est et au milieu de quoi nous vivons. De la fantaisie, je peux vous en donner combien vous voudrez et gratuitement, mais ici je visais la réálité. Rien à faire, la littérature qui ne s'occupe pas de la réálité, de ce qui se passe vraiement dans le monde, la littérature qui ne veut pas réagir avec toute la force que possèdent la parole et l'idée, cette littérature n'est pas la mienne. "

Lors de la parution de La Guerre des Salamandres, Karel Capek est sans doute l'auteur tchèque le plus connu et le plus adulé dans le monde. Auteur de romans et de pièces de théâtre traduits dans plusieurs langues, journaliste influant dans Lidove noviny, président du Pen-club tchèque, ami des hommes de lettres les plus en vue, dont Romain Rolland et George Bernard Shaw, considéré parfois comme l'auteur officiel de la Ière République tchèque, Capek n'en est pas moins critiqué et contesté par certains intellectuels tchèques qui lui reprochent, entre autres, son manque de fermeté face aux grands problèmes de la société et son idéalisme.

Ces accusations semblent aujourd'hui injustes, vu le courage avec lequel Capek abordait son travail journalistique et s'exprimait sur les problèmes du monde glissant irréþistiblement vers la catastrophe. Capek était extrêmement sensible à ces tendances néfastes et son talent et ses dons d'observation lui ont permis de prévoir et de décrire avec une justesse hallucinante les périls qui guettaient la civilisation humaine, et donc aussi son pays qu'il aimait profondément.

Au moment où il publiait La Guerre des Salamandres, le nazisme régnait déjà en Allemagne, la guerre civile devait bientôt éclater en Espagne et la politique internationale manifestait les symptômes d'une mauvaise santé. La santé de Capek n'était pas bonne non plus. Il ne lui restait que deux ans à vivre. Mais cet homme malade et fragile s'est mis à lutter infatigablement contre le danger brun, contre le militarisme, l'hypocrisie, l'intolérance, le racisme. Ceux qui étaient visés par ses articles, ses romans et ses pièces de théâtre, savaient bien qu'ils avaient en lui un adversaire puissant et préparaient déjà la chasse à l'homme pour se débarrasser de cet observateur subtil qui savait si bien deviner et dévoiler leurs intentions. Ils se sont rués sur lui, ils l'ont bombardé de lettres anonymes et de menaces, ils ont changé la fin de sa vie en enfer, ils ont réussi à le briser physiquement, mais ils ne sont pas arrivés à le décourager.

Capek a donné à La Guerre des Salamandres la forme du roman-feuilleton. Il a largement utilisé dans ce travail ses expériences journalistiques et son sens de l'humour. C'est un livre écrit par un virtuose de la plume qui se délecte à développer son sujet, à le regarder sous des angles toujours différents et à amuser son lecteur. Le sujet n'en est pas cependant moins grave et moins important. C'est quelque part dans le Pacifique, sur l'île de Tana Masa, que le capitaine Van Toch découvre une espèce de salamandres très douées à la pêche des perles. Il est le seul à ne pas avoir peur de ces bêtes intelligentes que les indigènes prennent pour les diables. Le capitaine se rend compte que ces salamandres pourraient être une mine d'or. Le vieux loup de mer est persuadé qu'il s'agit là de l'affaire du siècle.

Pour la faire démarrer, il lui faut cependant de l'argent. Il va en chercher dans son pays d'origine, en Tchécoslovaquie, chez l'industriel Bondy, son ami d'enfance. Le petit juif Bondy, devenu richissime, se montre d'abord réticent, mais les perles d'une rare beauté que le capitaine lui montre, font dissiper ses doutes. L'affaire est donc conclue. Le capitaine Van Toch aura un grand bateau qui lui permettra de transporter les salamandres d'une île à l'autre et lui permettra d'en faire de véritables pêcheurs de perles. Il leur apprendra à ouvrir des coquillages avec de longs couteaux, il en fait une petite armée d'esclaves extrêmement modestes qui ne demandent ni salaire, ni logement, qui se multiplient avec une vitesse vertigineuse et qui seront bientôt découverts par d'autres aventuriers âpres au gain.

Grâce à la presse et au cinéma, les petites bêtes intelligentes deviennent célèbres, elles éveillent l'attention des savants renommés qui mènent un débat tumultueux sur leur origine et sur leurs capacités. D'ailleurs, les talents des salamandres sont nombreux et tout à fait incroyables. Elles apprennent non seulement à faire certains travaux, mais elles sont bientôt capables également de parler à la manière des perroquets. Leurs progrès sont époustouflants. Un jour on peut lire dans une revue scientifique: "Andrias Scheuchzeri, une salamandre du zoo de Londres, sait parler d'une voix un peu chevrotante; elle dispose d'environ quatre cents mots, elle ne dit que ce qu'elle a lu ou entendu. (...) Cette même salamandre sait lire, mais seulement les journaux du soir. Elle s'intéresse aux mêmes sujets que l'Anglais moyen et réagit d'une manière analogue, c'est-à-dire, selon les idées reçues. (...) Il ne faut absolument surestimer son intelligence, car elle ne surpasse en aucune façon celle de l'homme moyen de notre époque."

Les salamandres continuent a développper leurs capacités. Voici ce qu'en dit un spécialiste: "Grâce à leur instinct naturel et à leur remarquable sens technique, les salamandres se prêtent surtout à la construction des digues, de levées et de brise-vagues, à creuser des ports et des canaux, à nettoyer les bas fonds et les dépôts de boue et à déblayer les voies fluviales, elles peuvent contrôler et aménager les côtes, élargir les continents, etc."

On se rue donc sur ces travailleurs infatigables, on se les arrache, on les exploite sans pitié et on s'enrichit. On ouvre des écoles pour les salamandres choisies ce qui donne à Karel Capek l'occasion d'écrire une satire irrétistible du système d'enseignement de son temps. On organise aussi les chasses aux salamandres, on les vole, on les maltraite. Et tout à coup, lors de l'une de ces chasses aux îles des Cocotiers, les bêtes commencent à tirer sur les agresseurs. Armées de revolvers soumarins et disposant d'explosifs pour faire sauter les rochers lors de leurs travaux sous l'eau, elles retournent ces armes contre l'homme qui les leur a données.

Et c'est le début d'un conflit planétaire qui opposera la civilisation humaine à la civilisation des amphibiens. Cette situation donne à Karel Capek l'occasion de brosser un large tableau d'une guerre mondiale et des faiblesses de l'homme et de ses institutions. Certains Etats, qui ne se sentent pas menacés, cherchent à profiter du conflit pour se débarrasser des voisins incommodes ou pour les affaiblir. Ils continuent à vendre des armes aux salamandres espérant que l'hostilité des amphibiens se retournera contre les voisins ennemis. Et la civilisation des salamandres s'aprête à transformer rapidement la planète pour qu'elle convienne à ses besoins. De grandes étendues de terre disparaissent sous l'eau dans le bruit infernal de détonations, les forces navales de plusieurs pays sont complètement détruites et les salamadres avancent victorieusement vers l'intérieur des continents.

C'est avec une énorme richesse de détails que Capek nous donne l'image d'un monde qui travaille à sa perte, ou chacun cherche à satisfaire ses intérêts particuliers sans se soucier des intéþêts communs. Cette utopie inspirée par l'incapacité des Etats de s'unir contre le danger nazi, fait surgir, aujourd'hui comme hier, les questions sur la þésistance du monde actuel à de tels dangers, sur la capacité des Etats de relever les défis planétaires et de s'unir face aux tendances dangereuses qui menacent notre civilisation.



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