|
[
30 Juin
]
[
23 Juin
]
[
16 Juin
]
[
9 Juin
]
[
2 Juin
]
Par Astrid Hofmanova
Jean de Luxembourg
Aujourd'hui, dans le cadre de ce programme consacré à
l'histoire tchèque, je voudrais vous présenter le dixième roi
tchèque, Jean de Luxembourg, mort dans la bataille de Crécy, le
26 aout 1345. Les festivités organisées chaque année ce jour-ci
nous rappellent non seulement le commencement du conflit entre
la France et l'Angleterre qui est entré dans l'histoire comme
la Guerre de cent ans mais aussi le destin de ceux qui y ont
lutté et sacrifié leurs vies. Parmi ceux-ci le roi tchèque Jean
de Luxembourg qui luttait pour les couleurs françaises. Voici
sa vie et son oeuvre.
Jean de Luxembourg est né le 10 aout 1296 au château
d'Altmünster au Luxembourg. Il fut élevé à la cour de son père.
L'une de ses deux soeurs, Marie, s'est mariée avec le roi de
France Charles IV à la cour duquel fut élevé le fils de Jean de
Luxembourg, Venceslas IV; ce dernier adopta le prénom de son
oncle et s'inscrivit dans l'histoire comme Charles IV.
Mais revenons en à Jean de Luxembourg qui, après s'être marié
avec la dernière descendante de la famille des Premyslides,
Eliska, accede au trône tchèque en 1310.
Les premières années
de son regne sont marquées par une lutte difficile pour la
consolidation du pouvoir royal. En effet, les seigneurs
tchèques qui avaient renforcé leur position politique et
économique lors du regne des prédécesseurs de Jean de
Luxembourg, n'ont pas voulu renoncer à leurs privileges et ont
fait tout pour empecher le retour du système ou le roi est tout
puissant. Ainsi, le roi s'est brouillé non seulement avec la
noblesse mais aussi avec certaines institutions religieuses et
la bourgeoisie.
En 1319, le patriciat de Prague a organisé même
une révolte contre le roi à laquelle s'est jointe aussi, avec
ses fideles, la femme de Jean de Luxembourg, Eliska. La révolte
a été réprimée et la reine chassée de la cour.
Le peuple tchèque, lui non plus, n'avait pas de sympathie pour
le roi qui chargeait le pays de nombreux impôts et pour lequel
la Bohême n'était qu'une source financière bonne à payer ses
expéditions de guerre en Italie, en Allemagne et en France. A
l'époque, la paix était en danger permanent non seulement dans
les pays tchèques mais aussi au Luxembourg et dans les pays
voisins. Du point de vue du peuple tchèque, ces expéditions de
guerre n'avaient pas de sens.
Néanmoins, c'est grâce à elles et
aux négociations diplomatiques, que Jean de Luxembourg menait
avec des puissances occidentales, que le royaume de Bohême a
rétabli sa renommée dans les milieux politiques de la cour
pontificale et auprès du roi romain et français. Bref, il
n'était pas du tout facile pour le roi de convaincre au moins
une partie de la noblesse tchèque de la nécessité de libérer
l'Etat tchèque de son isolement politique et de lui permettre
un plein épanouissement dans le contexte pan-européen. Grâce
justement au roi Jean de Luxembourg, les pays tchèques en ont
fini avec leur isolement pour entrer dans la conscience de
toute l'Europe féodale d'alors. Les pays tchèques sont devenus
attrayants pour l'opinion politique européenne, pour les
commerçants, ainsi que pour les ambassadeurs des cultures
étrangères.
La politique étrangère de Jean de Luxembourg, si
peu comprise à l'époque, était sans doute une politique moderne
et dynamique. Ce roi qui est resté dans son pays un étranger
aux yeux de la noblesse provinciale, il était même appelé roi
étranger, a fait pour l'essor du royaume tchèque beaucoup plus
que ses prédécesseurs. Par lui et notamment par son fils
Charles IV s'introduit en Bohême les cultures française et
italienne, tout en évitant dorénavant l'intermédiaire allemand.
On doit à Jean de Luxembourg aussi l'amélioration des relations
avec la France, sa fidélité à ce pays s'étant inscrit dans
l'histoire des bonnes relations amicales tchéco-françaises.
Le roi tchèque Jean de Luxembourg adorait toutes sortes de
duels de chevaliers, de luttes et de combats et il n'a donc
manqué aucune occasion d'y participer. Une proverbe circulait à
l'époque en Europe: sans le roi tchèque, personne ne peut
régler définitivement son affaire... et Jean satisfaisait
toujours à ce devoir. Il en a été de même au début du conflit
de cent ans entre deux plus grandes monarchies féodales
d'Europe occidentale, la France et l'Angleterre.
En plein été de l'année 1346, le roi d'Angleterre Edouard III
se dirige avec son armée vers Paris pour régler ses comptes
avec le roi de France Philippe VI. Se sentant menacé, ce
dernier appelle au secours toutes les dynasties royales amies
parmi lesquelles, bien évidemment, les Luxembourg. Jean de
Luxembourg et son fils Charles IV n'hésitent pas et se mettent
en route, sans tarder. Edouard a peur de la supériorité
numérique de son adversaire et décide donc de se retirer.
Malheureusement, Jean de Luxembourg et ses 500 hommes
interviennent, déclanchant ainsi la première bataille de la
Guerre de cent ans, la bataille de Crécy livrée le 26 aout
1346, et qui sera le thème de nos prochains Chapitres de
l'histoire tchèque.
©
Copyright 1999
Radio Prague All Rights Reserved
S'il vous plaît, envoyez nous vos opinions.
|