FAITS ET ÉVÉNEMENTS Mercredi 8 MARS  2000 
 
[ 7 MARS ] [ 6 MARS ]
[ 3 MARS ] [ 2 MARS ] [ 1 MARS ] [ 29 F�VRIER ] [ 28 F�VRIER ]

Ce programme quotidien d'actualité nationale de Radio Prague, diffusé tous les jours sauf le samedi et dimanche, est un résumé de l'essentiel des événements des 24 dernières heures.

Par Omar Mounir

A la mémoire du premier Président...

Mardi après-midi, les célébrations du 150ème anniversaire de la naissance de Tomas Garrigue Masaryk ont culminé. Au Château de Prague, le monument du premier Président tchécoslovaque a été inauguré et une cérémonie commémorative y a eu lieu. Magdalena Segertova était sur place.
Madeleine Albright Soixante trois ans après sa mort, une statue du fondateur de la Tchécoslovaquie s'élève, enfin, à Prague. Pourquoi avoir attendu si longtemps? On n'a réussi à créer le monument ni avant la guerre, ni avant l'arrivée des communistes au pouvoir. Après la Révolution de velours, les autorités pragoises ont mis dix ans à désigner l'auteur de la statue et le lieu où elle devrait être placée. Le 7 mars 2000, cette dette de reconnaissance de Masaryk a été payée.

Sur la place Hradcanske, à quelques pas de la première cour du Château, le Président Vaclav Havel a ôté le voile blanc de la statue en bronze, haute de trois mètres, oeuvre du sculpteur Otakar Spaniel. Il s'agit d'une copie, dont l'original décore le panthéon du Musée National de Prague. Une deuxième réplique de la statue dominera, comme le souhaitent les Tchèques vivant au Mexique, la place Masaryk à Mexico.

La statue de T. G. Masaryk inauguréeLe monument inauguré, le maire de Prague Jan Kasl a prononcé un discours. Vaclav Havel et le Secrétaire d'Etat américain, Madeleine Albright, ont, à leur tour, salué des anciens combattants tchèques en uniformes, des scouts et des témoins de l'entre-deux-guerres, rassemblés au tour de la statue.

Ensuite, les politiciens, diplomates, personnages marquants de la société tchèque, les anciens soldats avec leurs familles et autres invités ont participé à la cérémonie, organisée par la présidence dans la remarquable salle Vladislav. "L'anniversaire de la naissance de Masaryk", a dit Vaclav Havel, "est pour nous une occasion de se rappeler ses idéaux, ses pensées, les principes de sa politique. Mais j'espère, qu'il sera aussi une occasion de réfléchir, si on reste vraiment fidèle aux idées démocratiques qu'il proclamait."

Le philosophe Erazim Kohak, lui, a appliqué le credo de Masaryk à la vie politique d'aujourd'hui: "La République en tant que telle ne nous sauvera pas. L'important, c'est comment notre République va-t-elle être - voilà les mots du Président Masaryk. Aujourd'hui, le fondateur de l'Etat tchécoslovaque dirait sans doute: Attention, l'Union Européenne ne nous sauvera pas. L'essentiel, c'est quelle Europe voulons-nous créer", pense Erazim Kohak. Au cours de la cérémonie, on s'est souvenu aussi du politicien Jan Masaryk, fils du Président et excellent pianiste. Comment? En écoutant les chansons populaires que les deux Masaryk aimaient tant.

Masaryk et les célébrations en Slovaquie

Ajoutons que lors de la cérémonie de la découverte de la statue de Masaryk, cinq jeunes ont déployé des banderoles sur lesquelles on lisait "Pas de Masaryk mais Lenine", "Stop à la dictature des Etats-Unis". Les jeunes, âgés à peu près d'une vingtaine d'années chacun, ont été transportés dans les locaux de police.
Nous avons parlé, jusqu'à présent, du 150e anniversaire de la naissance de T.G. Masaryk en Tchéquie, mais comment a-t-on célébré cet anniversaire en Slovaquie? Le Parti démocratique slovaque, membre de l'actuelle coalition gouvernementale, a rendu public un communiqué signé par son président, Jan Langos, ancien ministre fédéral tchécoslovaque de l'Intérieur, communiqué dans lequel on lit: "La première République tchécoslovaque que Masaryk a créée, ensemble avec (le Slovaque) Milan Rastislav Stefanik, représente un point positif dans l'histoire moderne slovaque.

Même si l'époque caractérisée par la conception de l'unité de la nation tchécoslovaque fut une illusion, la Tchécoslovaquie a signifié pour les Slovaques la confirmation de leur identité nationale, et permit à la Slovaquie de former une nation politique moderne". En Slovaquie, les habitants du village de Kopcany, dont était originaire le père de Masaryk, ont célébré cet anniversaire, et, dans la ville de Kosice, lundi, une cinquantaine de membres de l'association locale de l'Union tchèque ont déposé une gerbe de fleurs près d'une plaquette commémorative de Masaryk et organisé une conférence samedi, puis une autre, à Martin.

Mercredi, c'était à Bratislava que s'est déroulée une cérémonie commémorative suivie d'une conférence au Centre tchèque. Quelle attitude est celle de la presse slovaque à l'égard de Masaryk? Elle est inégale, lit-on dans une dépêche de la CTK, car, comme le disent certains historiens, les Slovaques ne se sont pas encore réconciliés avec leur histoire, notamment à l'égard du legs de Masaryk pour la Slovaquie moderne qui est toujours un tabou, tandis que les communistes et le parti populaire d'extrême-droite entretiennent toujours une certaine propagande contre la Première République.

Albright et le cas Milosevic
Lors d'une conférence de presse, au siège du ministère des Affaires étrangères à Prague, Madeleine Albright a déclaré que l'OTAN, dont la République tchèque est membre voilà presque une année, opère aux Balkans dans l'esprit de Masaryk. Traitant de l'idéal futur de l'Europe, elle a déclaré: "La Serbie n'a pas d'avenir avec Milosevic. C'est un récidiviste et un criminel poursuivi en justice pour crime contre l'humanité. Il a isolé son pays et trahi les intérêts du peuple serbe". Elle a aussi présenté sa vision de la lutte contre Milosevic en déclarant qu'il est important et nécessaire que se liguent contre lui l'opposition et la presse libre. Madame Albright a traduit le message des Etats-Unis, ils veulent la paix aux Balkans, mais il faut, a-t-elle dit, que l'Europe y mette du sien. "L'Europe, a-t-elle ajouté, ne doit pas rester loin derrière."
Assises des villes et régions à Prague

Tenue à Prague, les 9 et 10 mars, des assistes des villes et régions tchèques et françaises. A la veille de cette importante manifestation, dont l'ampleur n'a pas chez nous de précédent, le Président du Sénat français, M. Christian Poncelet, a porté un regard sur les relations entre la France et la République tchèque. Des propos recueillis par Alena Gebertova..

RealAudio Streaming RA / RA Download


Une grève aux objectifs discutables

Une grève des chemins de fer a été observée, ce mercredi à midi, pendant 15 minutes sur certaines lignes du réseau ferroviaire en République tchèque. C'est ainsi que l'Association des syndicats indépendants entend protester contre la situation sociale dans le pays. Vaclav Richter.
Chômage croissant, salaires non payés, retombée négatives de la réforme sociale sur les personnes socialement faibles - telles seraient les raisons principales de cette grève qui n'a été que partiellement suivie. L'Association des syndicats indépendants réunit 8 unions syndicales qui ne font pas partie de la Confédération tchéco-morave des unions syndicales présidée par Richard Falbr. La grève n'a été annoncée qu'un jour avant, et elle a été donc pratiquement sans préavis. Il semble cependant que la raison véritable de cette grève est la rivalité entre les principales centrales syndicales. L'Association est dirigée par le leader des syndicats agricoles Bohumil Dufek et le leader des cheminots Jaromir Dusek, deux syndicalistes dont on connaît la réticence vis-à-vis de la Confédération de Richard Falbr.

Les chefs de l'Association se considèrent comme négligés et demandent qu'on les prenne en considération lors des pourparlers sur les problèmes sociaux. "C'est une grève contre Falbr," déclare le ministre des Transports, Antonin Peltram, et cette opinion est partagée aussi par le ministre du Travail et des Affaires sociales, Vladimir Spidla. "Une clownerie," en rajoute le chef de la plus grande centrale syndicale tchèque, Richard Falbr. Toujours est-il que ce sont les passagers et la réputation des chemins de fer qui font les frais de cette guerre entre les syndicats.

La République tchèque et l'OTAN
C'est en termes élogieux que le secrétaire général de l'OTAN, George Robertson, a parlé, à l'occasion du premier anniversaire de leur appartenance à l'OTAN, qui tombe le 12 mars, des nouveaux membres que sont la Pologne, la Hongrie et la République tchèque. "Ils ont pu rapidement assumer leur responsabilité et avec satisfaction, a-t-il dit, et ils ont déjà fait leur baptême du feu". Même si Prague, a-t-il ajouté, a dû faire face à une opinion publique qui n'a pas l'expérience des pays traditionnellement membres de l'Alliance, nous n'avons relevé aucun retour en arrière, aucun éloignement des objectifs communs.
Des subventions pour la perte du marché iranien
Une véritable controverse réside au sein du gouvernement sur la date de départ des ministres appelés à rendre le tablier. Ils disent s'être mis d'accord avec le Premier ministre, Milos Zeman, de ne quitter leurs postes que dans plusieurs semaines voire plusieurs mois. Mais leurs affirmations sont démenties par celle de Milos Zeman qui, lui, dit vouloir changer un ministre par semaine. "Une chose est ce que disent les ministres, une autre en est ce que dit le Premier ministre", a déclaré le vice-président des sociaux-démocrates, Zdenek Skromach. Le suspense reste donc total, ce qui ne serait pas du goût des membres du Parti civique démocrate, qui, eux, sont impatients de voir Milos Zeman tenir ses engagements.
Une agence de voyage pas comme les autres
Fischer, c'est le nom d'une agence de voyages tchèque, mais c'est aussi le nom de son président et fondateur, qui se trouve être aussi sénateur. C'est plutôt une agence spécialisée dans le tourisme des Tchèques à l'étranger. L'an dernier, elle a vendu pour plusieurs destinations dans le monde plus de 300.000 voyages et fait un chiffre d'affaires de quelque 5 milliards de couronnes, soit près de 893 millions de FF. Mais Fischer, implanté il y a quelques années seulement en Tchéquie, ne s'est, jusqu'à présent, intéressé qu'accessoirement au tourisme à l'intérieur de la Tchéquie et pour les Tchèques. Cette année, par exemple, il ne projette pas de vendre plus de 15.000 voyages. C'est que le touriste tchèque est attiré d'abord par le voyage à l'étranger.

© Copyright 2000 Radio Prague All Rights Reserved

S'il vous plaît, envoyez nous vos opinions.