FAITS ET ÉVÉNEMENTS Lundi 6 MARS  2000 
 
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Ce programme quotidien d'actualité nationale de Radio Prague, diffusé tous les jours sauf le samedi et dimanche, est un résumé de l'essentiel des événements des 24 dernières heures.

Par Alain Slivinsky

Visite de Mme Madeleine Albright en République tchèque

Ce n'est pas que pour commémorer le 150ème anniversaire de la naissance du premier Président tchécoslovaque, Tomas Garrigue Masaryk, que Mme Madeleine Albright, secrétaire d'Etat américain, est arrivée, dimanche, pour une visite de trois jours en République tchèque. Information par Jaroslava Gissubelova.
Madeleine Albright avec Vaclav Havel A son arrivée, Mme Madeleine Albright a rencontré le Président tchèque, Vaclav Havel. Ce dernier l'a assurée de ce que la Tchéquie ne fournirait pas les installations de ventilation à la centrale iranienne de Bushehr. La République tchèque n'admettra pas les exportations de composants qui pourrait être abusés à des fins de l'industrie d'armement nucléaire, a souligné Havel.

De son côté, Madeleine Albright a fait appel à la République tchèque à envoyer plus d'hommes au Kosovo. A ses propres dires, elle vient avec cette demande de la réunion ministérielle juste terminée des Etats-Unis, de l'Union européenne et de la Russie. A l'heure actuelle, la République tchèque a au Kosovo un groupe de six policiers et une compagnie de reconnaissance de 170 hommes entrant dans le cadre de la KFOR. Selon Albright, les Etats-Unis sont beaucoup inquiets de l'escalade des tensions ethniques au Kosovo. Dans cette situation, il faut s'orienter sur les forces modérées: le seul gouvernement qui incite la tension dans la province est, d'après elle, celui de Belgrade.

L'entretien de Madeleine Albright avec Vaclav Havel a porté aussi sur le premier anniversaire de l'entrée de la Tchéquie à l'OTAN. A son avis, les Tchèques ont fait un progrès en ce qui concerne l'augmentation des dépenses à la défense et la compatibilité avec les systèmes de l'OTAN. La presse écrit que lors de sa visite, Madeleine Albright pourrait soulever aussi certaines questions épineuses dans les relations tchéco-américaines, telles que l'affaire de Ronald Lauder, qui avait porté plainte contre la TV privée, NOVA.

Le poids de la visite ce sont cependant les manifestations commémorant le 150ème anniversaire de la naissance du premier Président tchécoslovaque, Tomas Garrigue Masaryk. Lundi, Madeleine Albright et Vaclav Havel se sont déplacés en Moravie du sud, d'abord à Brno, puis à Hodonin, ville natale de Masaryk. Mardi, elle se rend au cimetière de Lany, pour y déposer des couronnes de fleurs au tombeau de Masaryk.

Interview d'un participant français à la conférence sur Masaryk

Une conférence scientifique internationale, réunie à Prague du 2 au 4 mars, s'inscrit également auprès des manifestations entrant dans le cadre des célébrations du 150ème anniversaire de la naissance de Masaryk. A la conférence, Jaroslava Gissubelova a invité au micro M. Evzen Faucher, professeur de linguistique allemande à l'Université de Nancy.

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Adoption du budget de l'Etat 2000
La Chambre des députés tchèques a enfin donné son aval, à l'issue de la troisième lecture, au budget de la République tchèque pour l'an 2000. Grâce à l'accord d'opposition, entre les sociaux-démocrates au pouvoir et le Parti civique démocrate dans l'opposition, la loi de finances a donc été adoptée. On constate que le budget est déficitaire: l'Etat dépensera 35 milliards de couronnes de plus (35 couronnes pour un euro) qu'il n'encaissera. Certains pourront être heureux, le gouvernement leur a alloué un peu plus de moyens financiers: l'armée, la police, les tribunaux, les entreprises endettées. D'autres ministères devront faire des économies: l'Agriculture, la Santé et les Transports. D'un autre côté, on en peut que constater que le Premier ministre, Milos Zeman, n'a pas commencé le remaniement de son cabinet, ce qu'il avait promis, 48 heures après l'adoption du budget. Les ministres et l'opinion restent donc dans l'attente.
Amendement nécessaire de la loi sur le séjour des étrangers
Le vice-Premier ministre pour la législation, Pavel Rychetsky, a déclaré, lors d'une émission télévisée, que la loi sur le séjour des étrangers en Tchèquie devra nécessairement être amendée. La loi devait rendre plus difficile l'immigration illégale et le travail au noir dans la République. Un peu plus de deux mois après son entrée en vigueur, on constate qu'elle touche d'autres ressortissants étrangers désireux de se rendre en République tchèque. Selon Rychetsky, la fiche d'enregistrement à la frontière n'est pas fonctionnelle. Il faudra revoir aussi les conditions de l'octroi des permis de séjour et de travail pour les personnes qui viennent travailler légalement pour une durée limitée. Cela concerne surtout les domaines scientifiques, culturels et artistiques.
La Cour de Strasbourg condamne la Tchéquie

Dans une affaire de privatisation d'une entreprise de chimie dite Rakona, ayant appartenu à M. Frantisek Otto, les héritiers de ce dernier, faute d'avoir pu obtenir la restitution du bien familial, se sont adressés à la Cour des droits de l'homme de Strasbourg avec un certain succès. Les détails avec Omar Mounir.
Les héritiers de Frantisek Otto eurent un problème, somme toute, banal: la restitution de l'usine de produits chimiques ayant appartenu à leur père. Cela, dans le cadre de la loi sur la restitution à leurs propriétaires légitimes des biens nationalisés par les communistes. Seulement voilà, il y avait un petit hic dans le dossier des héritiers Otto, l'usine en question a été nationalisée avant 1948, date de l'instauration du communisme en Tchécoslovaquie. C'est-à-dire dans le cadre des nationalisations intervenues comme sanctions suite à la Seconde Guerre mondiale. A tous les degrés de juridiction tchèques, y compris à la Cour constitutionnelle, les magistrats ont retenu cet argument, obstacle incontournable. L'usine de M. Otto ne tombe pas sous la loi sur les restitutions. D'autres biens nationalisés se trouvent dans la même situation.

Cet état de choses, la Cour des droits de l'homme de Strasbourg ne l'a pas contesté. Elle ne s'est pas prononcée sur le fond du cas d'espèce, mais sur la forme. Elle dit que la Cour constitutionnelle tchèque a violé l'article 6 de la Convention sur les droits de l'homme ayant trait "au droit à un procès équitable", à l'exclusion de la privatisation de l'usine qui, elle, n'est pas mise en cause. En foi de quoi, la République tchèque est condamnée à payer aux demandeurs plus de 10 millions de couronnes (un peu moins de 2 millions de FF), à titre de dommages-intérêts. Moins que ce qu'ils ont donc demandé, puisqu'il s'agit d'une réparation pour les frais de justice et autres.

Est-ce un paradoxe? Tout le monde en Tchéquie à l'air de se féliciter de cette décision. Pas seulement le ministre de la Justice qui y voit un nouveau recours, garantie supplémentaire pour les justiciables et de nature à inciter les magistrats à plus de vigilance, mais aussi d'autres responsables politiques. C'est en effet un signe avant-coureur que désormais la Tchéquie est une sorte de membre de l'Union européenne.

Les prisons tchèques sont de plus en plus pleines
Quelques semaines après la révolte des détenus dans plusieurs prisons tchèques, la situation ne s'est pas améliorée, loin de là. Les établissements pénitentiaires sont de plus en plus surpeuplés. Lors des deux derniers mois, les tribunaux tchèques ont envoyé plus de 500 personnes en prison - la capacité d'un établissement de moyenne importance. A Pankrac, l'une des principales prisons de Prague, les détenus couchent même sur des matelas, à même le sol. Une situation qui devient intenable et que critiquent les fonctionnaires du ministère de la Justice. Ils reprochent aux juges de ne pas plus appliquer les peines alternatives. D'un autre côté, les mêmes fonctionnaires laissent sans réponse les offres d'organisations non-gouvernementales qui seraient capables d'employer certains prisonniers. Il s'agit surtout des condamnés à des peines de moins de cinq ans. Comme le dit le porte-parole de la direction du Service pénitentiaire, Eduard Vacek, la Tchéquie devra rattraper l'Europe, dans ce domaine aussi, car dans les pays de l'Union, les peines alternatives sont chose courante.
Changement dans le financement de la Radio et la Télévision publique?
Le ministère de la Culture prépare un projet de loi qui pourrait signifier un changement important dans le financement des chaînes publiques de radio et de télévision. Depuis la naissance de la radio, dans les années vingt de ce siècle, plus tard de la télévision, ces deux institutions d'intérêt public sont financées par une redevance (droit de concession) payée par chaque famille qui possède un poste de réception, radio ou télévision. Les entreprises ou institutions doivent aussi payer cette redevance, selon un régime spécial. Le reste des moyens financiers nécessaire à leur fonctionnement, la radio et la télévision publiques, le trouvent dans les bénéfices réalisés sur la publicité. La redevance n'est pas énorme, même pas le prix d'un repas dans un restaurant moyen, mais multipliée par le nombre de concessionnaires, cela fait des millions par mois. Le ministre de la Culture, Pavel Dostal, a annoncé que la loi devrait remplacer la concession par un impôt normal. Dans quel but? Affaire à suivre.
L'Académie tchèque du film et de la télévision a fermé le dossier 1999

Samedi soir, à Prague, l'Académie tchèque du film et de la télévision a distribué les prix - Lions tchèques - aux meilleurs films de production nationale de l'an 1999. Jan Uhlir résume.
Bien que les Oscars américains ou les Césars français aient un plus grand poids dans le monde du cinéma, ils ne pèsent pas autant que les Lions tchèques. Cinq kilos à peu près de cristal transparent par animal. Samedi soir, on en a distribué, dans treize catégories, soixante-cinq kilos au total.

Sasa Gedeon avec ses Lions tchèques Cette année, l'Académie a prononcé son jugement sur dix-sept longs métrages tchèques, sortis sur l'écran en 1999. Son rôle a été décidément moins facile que l'année précédente. S'il n'y avait, alors, qu'un seul grand favori, le fameux « Kolya », cette fois-ci, les sympathies de ses membres ont été réparties parmi plusieurs films de qualité.

Les résultats, sauf exception, n'ont pas été pour autant une surprise. C'est le « Navrat idiota » (Le retour de l'idiot) du réalisateur Sasa Gedeon qui s'est vu attribuer le Lion tchèque du meilleur film de l'année. Lauréat de plusieurs trophées internationaux, ce film inspiré librement par le roman de Dostoïevski, en a récolté quatre autres encore : pour le scénario, la réalisation, la musique et le meilleur rôle féminin secondaire.

Un autre réalisateur, Jan Hrebejk, n'a, certes, emporté de la salle Lucerna que deux Lions, mais ils pèsent lourd. Plus lourd que les dix kilos de cristal de leur poids. Outre le Lion pour le meilleur rôle masculin principal (Jiri Kodet), son film « Pelisky » (Les petites familles ) a en effet remporté le prix du public pour le film le plus fréquenté. Pour la première fois, ces dernières années, un film tchèque a réussi à montrer le dos à la production hollywoodienne.

Il est vrai que les dix-sept films ne représentent pas un chiffre vertigineux. Il est pourtant à retenir qu'on a déjà cessé définitivement de parler du crépuscule du film tchèque. L'âge des réalisateurs primés, pas plus de trente ans, en pourrait être une des garanties.

Un peu de sport
En football, après la troisième journée de la partie printanière du Championnat de la République, deux clubs pragois restent en tête du classement. Slavia Prague est première, il n'a pas été battu encore, devant Sparta Prague qui a eu bien du mal à gagner sur son terrain contre Teplice. Slavia était aussi au bord de la défaite. Il a remporté le match grâce à un but marqué en prolongation, à Liberec.

En hockey sur glace, à part la continuation du championnat national, le week-end a été marqué par la fin de la carrière du légendaire capitaine de l'équipe nationale tchèque, Vladimir Ruzicka. Retraite donc pour le capitaine des champions olympiques à Nagano et des champions du monde à Vienne. Vladimir Ruzicka a déclaré qu'il ne reviendrait pas sur sa décision, comme l'a fait, récemment Dominik Hasek, gardien de but de l'équipe Buffalo Sabres, en Amérique du Nord.


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