Ce programme quotidien d'actualité nationale de Radio Prague, diffusé tous les jours sauf le samedi et dimanche, est un résumé de l'essentiel des événements des 24 dernières heures.
La conférence de trois jours a été inaugurée par les allocutions du Premier ministre Milos Zeman et du président de la Chambre
des députés Vaclav Klaus. Pour Milos Zeman, Masaryk était le bâtisseur d'une société démocratique qui savait résister à des
influences idéologiques. A son avis, Masaryk basait ses compétences sur son autorité et la force de ses arguments et ne
cherchait pas à élargir les compétences présidentielles définies par la Constitution. Par contre, Vaclav Klaus a mis en garde dans
son allocution contre, je cite "une adoration formaliste de ce géant de l'histoire tchèque" et a déploré l'absence d'une analyse
sérieuse des activités du Président.
Vaclav Klaus a dénoncé plusieurs mythes qui persistent, à son avis, encore dans la société
tchèque. Selon ces mythes, Masaryk aurait été un démocrate absolu, neutre sur le plan idéologique et tout à fait impartial qui a
parfaitement réussi à créer un nouvel Etat et à faire coexister en Tchécoslovaquie plusieurs groupes ethniques. Bien que Klaus
constate que Masaryk était le plus grand phénomène politique de notre pays, il affirme que le premier Président n'avait pas
beaucoup de respect pour le Parlement et pour les élections libres. Et Klaus de rappeler que pendant toute la Première
république, c'est-à-dire entre les années 1918 et 1938, les élections en Tchécoslovaquie n'ont eu lieu que quatre fois et pourtant
on y a créé 18 gouvernements dont 3 gouvernements de service. Il serait donc tout à fait erroné, selon Klaus, de ne voir en
Masaryk qu'un patriarche résidant au Château de Prague, entouré des élites intellectuelles et médiatiques et gouvernant
sagement le pays.
L'allocution de Vaclav Klaus a provoqué immédiatement plusieurs réactions critiques. La directrice de
l'Institut Masaryk, Eva Broklova, estime, par exemple, que Vaclav Klaus en formulant ces opinions ne prenait pas en
considération les spécificités de l'époque dans laquelle Masaryk vivait. Elle qualifie de scandaleuse l'opinion que Masaryk
n'aurait pas été assez confiant en les élections libres, car selon Eva Broklova, il respectait toujours les résultats des élections. La
polémique est donc lancée et elle risque de se prolonger aussi au-delà de la conférence et des festivités organisées à l'occasion
du 150ème anniversaire de la naissance du premier Président de Tchécoslovaquie.
Professeur Soubigou sur le legs de Masaryk
La conférence scientifique sur Masaryk se poursuit à Prague jusqu'à samedi. Les travaux sont divisés en cinq sections. Dans
celle consacrée à Masaryk dans la société tchèque et tchécoslovaque, j'ai trouvé un intervenant de France, le professeur Alain
Soubigou, maître de conférences à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.
La secrétaire d'Etat américaine aux Affaires étrangères, Madame Madeleine Albright, effectuera une visite officielle de la
Tchéquie, du 5 au 8 mars. Plus de détails par Alain Slivinsky.
Cette visite de la première dame de la diplomatie américaine aura lieu sous le signe des célébrations du 150ème anniversaire de
la naissance du premier président tchécoslovaque, Tomas Garrigue Masaryk, le 7 mars. Madeleine Albright est d'origine
tchèque, elle est née à Prague et son nom de jeune fille était Marie Anna Korbelova. Son père, Josef Korbel, fut fortement
influencé par Masaryk. Il était diplomate et un ami du fils de Masaryk, Jan, qu'il avait connu à Londres, lors de la Deuxième
Guerre mondiale.
Tous deux travaillaient pour le gouvernement tchèque exilé en Grande-Bretagne. Après la guerre, Josef
Korbel, est revenu en Tchécoslovaquie et exerça au ministère des Affaires étrangères, sous la direction de Jan Masaryk. La
prise du pouvoir par les communistes, en 1948, tout comme la mort dans des conditions douteuses de son supérieur, le décidèrent
à quitter le pays pour toujours.
Madeleine Albright avait alors 11 ans, et elle bénéficia avec sa famille de l'asile politique aux
Etats-Unis. Son père a toujours été un exemple pour elle. En 1997, après sa nomination à la direction des Affaires étrangères,
elle confiait au Time magasine, que la plupart des choses auxquelles elle était arrivée, elle les avait effectuées pour égaler son
père. Madeleine Albright a toujours déclaré qu'elle était fière de ses origines tchèques. Elle a joué un rôle des plus importants,
dans le processus de l'entrée de la République tchèque à l'OTAN. Comme on le sait les Etats-Unis n'étaient pas très enclins à
l'élargissement de l'Alliance vers l'Est.
On caractérise souvent Madame Albright comme une personne possédant une poigne
de fer. Elle n'accepte pas les compromis, ce qu'elle a démontré lors de la crise du Kosovo. Sa dernière visite officielle date de
juillet 1997, quand elle a reçu la plus haute distinction tchèque - l'Ordre du Lion blanc de première classe. Elle revient dans sa
patrie aussi en visite privée, pour se rendre dans la commune d'où sont originaires ses parents, Kostelec nad Orlici. Madeleine
Albright est mère de trois enfants, et plusieurs fois grand-mère. Le programme de sa visite actuelle est centré sur les
célébrations du 150ème anniversaire de la naissance de Tomas Garrigue Masaryk. Elle sera l'hôte du chef de l'Etat, Vaclav
Havel.
Rencontre des chefs de la diplomatie tchèque et allemande
Les chefs de la diplomatie de République tchèque et d'Allemagne se sont rencontrés à Berlin. Une identité de vue presque
absolue a été constatée par Jan Kavan et Joschka Fischer. Ce dernier a même déclaré: fini le temps d'irritations dans les
rapports tchéco-allemands. Les deux ministres sont d'accord qu'ils ne veulent pas oublier les moments épineux du passé, y
compris les problèmes de culpabilité et de responsabilité qui y sont liés. En même temps, ils ne veulent pas devenir captifs de ces
problèmes. Le chef de la diplomatie allemande a souligné aussi une grande compréhension pour la revendication de la partie
tchèque, celle de consacrer la grande partie du fonds d'indemnisation des victimes de travaux forcés à une aide réelle aux
personnes concernées. De son côté, Jan Kavan s'est surtout félicité de l'assurance réitérée de la partie allemande sur son soutien
à l'entrée de nouveaux candidats, dont la République tchèque, à l'Union européenne dans les plus brefs délais, sans
atermoiements inutiles.
Augusto Pinochet rentre au Chili
L'ancien dictateur chilien, Augusto Pinochet, a quitté, jeudi, la Grande-Bretagne. Le gouvernement britannique a décidé de
rendre la liberté à l'ancien dictateur pour des raisons de santé. Car, selon le ministre britannique de l'Intérieur, le procès d'un
accusé dans l'état de santé pareil ne pourrait être équitable dans aucun pays. Le quotidien tchèque, Mlada fronta Dnes, rappelle
que Pinochet a quitté la Grande-Bretagne après une véritable bataille judiciaire et diplomatique qui a duré dix-sept mois. Bataille
qui, comme il écrit, n'est pas terminée. Le journal cite les paroles de Baltasar Garzon, juge espagnol qui, en octobre 1998, a lancé
l'affaire Pinochet et qui est prêt, en personne, à poursuivre le général chaque fois qu'il mette le pied hors le Chili. Car, selon
Garzon, le dictateur est toujours sous mandat d'arrêt...
A propos des Assises franco-tchèques des villes et des régions
Conférence de presse à l'ambassade de France à Prague, au cours de laquelle M. Philippe Coste, Ambassadeur de France, M.
Jaromir Cisar, ministre tchèque de l'Environnement, et M. Evzen Tosenovsky, maire de la ville d'Ostrava, ont présenté le
programme des Assises franco-tchèques des villes et des régions, prévues à Prague les 9 et 10 mars. Omar Mounir a demandé à
Mlle Caroline Vinot, premier secrétaire de l'Ambassade de France, de dire à nos auditeurs en quoi consistent ces assises.
Première pragoise du film "Un homme sur la Lune" du réalisateur tchèque fixé en Amérique, Milos Forman. A une grande
déception du public, le réalisateur n'était pas présent à l'événement. Avec le protagoniste du film, Jim Carrey, il est actuellement
en tournée de publicité aux Etats-Unis. Le film raconte l'histoire d'un comique incompris qui, à l'âge de 35 ans, meurt des suites
d'un cancer. Le combat perdu contre la maladie est un moment fort du film qui a reçu un accueil plutôt tiède aux Etats-Unis. Pas
une seule nomination aux Oscar, mais Jim Carrey a été primé pour son rôle du Globe d'or. Une certaine satisfaction pour le
réalisateur Forman a été l'attribution de l'Ours d'argent au festival de Berlin où son film a eu la première européenne.